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Maintenance des Larves de Caridina

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Maintenance des Larves de Caridina

Message par macropodus le Ven 30 Mar 2007 - 10:29

EN COURS DE REDACTION
A savoir, la salinité est calculée par rapport à une référence thermique de 25°C, le phytoplancton est sélectionné du Bassin d'Arcachon ou (porphyridium) provenant d'un laboratoire d'état. Les conditions physicochimiques et édaphiques proviennent de différentes bibliographies ou de certaines expériences personnelles limitées par certains paramètres non controlés (Cu, Cd, Fe, DBO, Vit, Chem, Cyto etc...). Certains additifs tel que le milieu Mac Coy Medium ou à défaut [i]RPMI 1640 Medium lors du stade mysis, peuvent être ajoutés : je ne suis en aucun cas responsable des problèmes occasionés pour une utilisation inadéquate. Ceci reste expérimentale et non publiable.


I - Généralités
Les Caridina japonica (qui ont changé de nom, si je ne m'abuse) sont de la famille des Atyidae. Elles sont présentes dans de nombreux fleuves et rivières du Japon. La durée de vie n'excède pas 3 ans. C'est un crustacé grégaire et principalement détritivore. Les sexes sont séparés.
Une jolie femelle :


II - La reproduction
Les femelles libèrent des phéromones (molécules libérées dans l'eau qui agissent comme des hormones sexuelles) qui vont attirer les mâles. L'accouplement se fait principalement le matin ou le soir. Lorsque le temps est orageux, il est possible d'assister à la frénésie des mâles autour d'une femelle féconde en pleine journée. La femelle gravide porte les oeufs jusqu'à l'éclosion de ceux ci. Des hormones sexuelles sont libérées et incitent les femelles à migrer de l'eau douce vers l'eau de mer, où elles libèreront les jeunes zoés, de préférence la nuit. Les femelles ventilent constamment les oeufs fécondés à l'aide de leurs pléopodes et les nettoient avec leurs pattes ambulatoires.
Deux femelles en ventilation :

III - Culture de phytoplancton marin


a - Généralités
Le plancton (planctos = errant) est l'ensemble des organismes vivants qui flottent et se déplacent dans les eaux, sans pouvoir s'opposer aux courants et aux vents (exemple de la Physalie, méduse appelée couramment galère portugaise, qui flotte et se déplace au grés des vents). Il évolue dans différentes strates de la colonne d’eau et dans les sédiments (epibenthiques : sur les sédiments, hypobenthiques : dans les sédiments).
La taille des organismes planctoniques peut varier de quelques micromètres à plusieurs mètres (méduses). Le plancton est constitué de phytoplancton (phyton : plantes) et de zooplancton (zoo : animaux). Le phytoplancton constitue une grande partie de la biomasse des océans. Il est à l’origine de la plupart des chaînes alimentaires.
Le phytoplancton est constitué par des organismes appartenant à différents règnes : on distingue les cyanophycées (algues bleues) qui sont des procaryotes (sans distinction apparente d’un noyau où l’ADN est intégré), que l’on rapproche des bactéries et les algues unicellulaires vraies divisées en trois classes distinctes : les algues vertes (chlorophytes), les algues rouges (rhodophytes) et les algues brunes (phéophytes).
Depuis quelques années, les aquariophiles se sont intéressés à la culture et la maintenance de phytoplancton. Les tentatives de reproduction et d’acclimatation de certains poissons d’eau douce (killies) et marins (et les coraux hétérotrophes), la nourriture vivante zooplanctonique, la mise en place de réfugium en annexe sur les aquariums récifaux, la maintenance et le nourrissage de la biodiversité des pierres vivantes, substrat de DSB ou Jaubert etc..., justifient de plus en plus cette culture.
Le phytoplancton qui nous intéresse est surtout composé d'algues unicellulaires isolées ou regroupées (taille voisine de 50 µm). Je vous propose donc de vous expliquer simplement, la culture, la maintenance et la production du phytoplancton. La purification d’une souche sera abordée dans un autre article.

b – Les règles de base
La première règle à savoir est qu’il est impossible de tenir à long terme, de l’eau verte bêtement préparée à partir d’une eau d’aquarium, un bulleur et un peu d’engrais. Cette technique peut être pratique ponctuellement, mais la diversité importante d’algues unicellulaires contenues dans votre eau, entraînera irrémédiablement la dominance d’une algue par rapport aux autres... et souvent... les filamenteuses seront de la partie. Il est donc primordial d’acheter une souche pure (très concentrée) ou d’isoler sa propre souche.
Le matériel employé pour la maintenance ne doit présenter aucune souillure et ne doit pas être au contact (ou servir) pour d’autres souches. Il doit être isolé du zooplancton et autres animalcules maintenus. Le mieux, sur une étagère, le phytoplancton doit être au dessus du zooplancton pour prévenir toute contamination possible.
La deuxième règle est de n’utiliser que de l’eau distillée ou osmosée pour la préparation des milieux nutritifs (toujours dans un souci de possibles contaminations) et le nettoyage du matériel. L’emploi d’acide chlorydrique dilué ou d’eau de javel est préconisé pour le nettoyage de la verrerie. La stérilisation des milieux et du matériel par micro-ondes (5-10 minutes) donne de bons résultats.
La troisième règle est que tous les milieux connus sont riches en nitrates et phosphates. Il est important, lors du nourrissage du zooplancton ou de vos animaux, de concentrer au maximum votre souche pour éviter de mettre trop d’eau enrichie (les artémias ne tiendront pas longtemps si les taux de nitrates sont trop importants).
Quatrième et dernière règle est de toujours surveiller vos paramètres physico-chimiques. Le phytoplancton, en fonction de votre souche, à des exigences précises (salinité, température, pH). Certaines espèces sont « plus souples » (exemple Dunalliena), d’autres quasi impossibles à élever (même dans les laboratoires, le genre Dinophysis), voire toxiques pour vos hôtes.
c – La maintenance d’une souche du commerce
Si vous décidez d’acheter une souche du commerce, il faudra vérifier avant tout quelques points importants. La souche doit être très concentrée, exempte de tout autre organisme étranger, vendue dans un récipient maintenu à l’abri de la lumière.
Si l’achat se fait par correspondance, la durée de l’envoi ne doit pas excéder 96 heures, la fourchette des températures doit être comprise entre 10°C et 25°C, emballage soigné (polystyrène) si la température extérieure n’est pas comprise dans cette fourchette.
Un conseil, vous pouvez vous adresser à des laboratoires publics (IFREMER) pour acheter une souche (la Recherche manque de moyens), ce n’est pas plus cher, il y a du choix, et vous aurez de vrais conseils sur la maintenance.
Pour une bonne maintenance, Prenez une ou plusieurs bouteilles de soda (parois lisses afin de limiter les zones de sédimentation du phytoplancton). Pour le phytoplancton d’eau douce, préparez votre eau osmosée avec de l’engrais pour tomate (idéal pour le phytoplancton, car riche en nutriments) à 2 X la concentration indiquée sur la boîte. Pour du phytoplancton marin, préparez votre eau de mer synthétique (35 g/litre d’eau osmosée) avec de l’engrais pour tomate à 1,5 X (voire 1 X) la concentration indiquée sur la boîte (pourquoi ???? parce que les oligo-éléments à une concentration supérieure vont précipiter et ne vont jamais se dissoudre dans l’eau de mer. Il y aura apparition d’un précipité blanchâtre). Mettez votre souche à raison d'1/4 en volume dans vos bouteilles (3/4 de milieu de culture 1/4 de la souche). Aérez fortement avec un bulleur type céramique (facilement nettoyable à l’acide) et de la tuyauterie en silicone. Placer vos bouteilles sous une source lumineuse et éclairez 24h/24h à raison d’1 W/litre d’eau. La source lumineuse peut-être des tubes « basiques » type blanc industrie ou des vieux tubes d’aquariophilie (grolux, actizoo etc.). Sur une (ou des) bouteille(s) de 2 litres, mettez deux tubes horizontalement avec un espacement nécessaire pour que l’ensemble des colonnes d’eau soit éclairé de manière homogène. La température doit être constante.
Au bout d’une semaine, l’eau deviendra bien verte.


Il est donc nécessaire de repiquer votre souche et vous pourrez commencer à nourrir vos animaux avec le phytoplancton. Pourquoi repiquer ? En se développant, le phytoplancton va absorber les éléments nutritifs du milieu et produire des déchets organiques. Ces déchets, au fur et à mesure de la multiplication du phytoplancton, vont se concentrer. La balance éléments absorbés/éléments produits sera déséquilibrée. Au bout d’un certain temps, il y aura diminution de la concentration de phytoplancton et la culture risque d’être perdue. Pour repiquer, gardez un bon tiers de votre bouteille, rajoutez du milieu de culture et redistribuez l’ensemble sur deux autres bouteilles, ect... Il est possible de passer sur de plus gros contenants ou des bio-incubateurs. La règle est toujours 1/4 phytoplancton pour 3/4 de milieu dans un volume supérieur à 0,5 litre et inférieur à 1-2 litres, puis 1/3 phytoplancton pour 2/3 de milieu dans des contenants de volume supérieur).

Afin de concentrer et de limiter l’eau (riche en éléments susceptibles d’entraîner des problèmes) apportée avec le phytoplancton, le meilleur moyen est la centrifugation (10 minutes à 3000 tours/min). Hélas, nous n’avons pas toujours les moyens de nous offrir ce type de matériel. Deuxième solution, la filtration est réalisée sur papier Watmann (mieux). Passez votre suspension phytoplanctonique sur votre filtre et récupérez votre phytoplancton en immergeant le filtre dans de l’eau provenant de votre bac, distribuez. Pour le zooplancton, un système de goutte-à-goutte : phytoplancton vers zooplancton, peut être envisagé.


IV - Les stades larvaires chez les crustacés décapodes (à faire)
V - Technique expérimentale personnelle de maintenance des larves : 4ème repro à mon actif - 50 à 80% de réussite
4 espèces phytoplanctoniques sont utilisées dans mon protocole : Dunalliena salina, Chlorella sp.., Porphyridium et Nannochloropsis oculata.
Les souches mères (sauvages) :

Les cultures ont été amplifiées depuis 15 jours, séparément. Un comptage cellulaire sur cellule de Malassez a été fait. Je mélange équitablement (en fonction de la densité phytoplanctonique et non en fonction du volume) les 4 phytoplanctons dans un bac de 20 litres brassé et aéré modérement. Aucun ajout d'engrais dans le bac de grossissement des larves n'est rajouté. Ce bac est fortement éclairé (1W/L d'eau) afin de maintenir par effet Lamparo, les futures larves, vers la surface (la pompe sera coupé, pas de chauffage).
La future nurserie :

Les femelles gravides (3 actuellement) provenant de Pharaon_24 ont été placées hier soir (J0) dans un bac plastique de 3 litres avec de l'eau de leur bac initial. Ce bac est aéré et chauffé à 27°C pour accélérer la maturation et la libération des oeufs.
Les femelles de Christophe et Emmanuelle :


Tableau des caractéristiques physico-chimiques de l'eau de Pharaon_24 : Pense à me donner tes caractéristiques complètes

J+1 (aujourd'hui) : J'effectue un changement d'eau avec uniquement de l'eau osmosée à 0.4 µSm de 20% en volume. Ce changement d'eau va déclencher un instinct migratoire des femelles Caridina. Le bac est éclairé (1W/4L d'eau) afin de créer un effet Lamparo pour la capture des futures larves.
J+1 (12 heures après) : J'effectue un changement d'eau avec uniquement de l'eau osmosée à 0.4 µSm de 30% en volume. Dans la soirée, les éclosions se suivent.
Les petites zoés de Caridina :



J+2 : J'effectue un changement d'eau avec uniquement de l'eau osmosée à 0.4 µSm additionnée de sels synthètiques marins pour obtenir une densité de 1004-1005 à 25°C. Le chauffage sera coupé. Cette étape n'a été réalisée que sur les zoés et non sur les femelles (trop mûres). Cette phase est nécessaire pour avoir un taux de zoés suffisant lors de l'éclosion.

A l'heure actuelle : elles passent en 1022 de salinité dans les nurseries. Le point critique sera dans 10 heures (point où de possibles gaz dissouts peuvent pénétrer la cuticule et entrainer un écumage des larves.. Aucune perte visible, des oeufs non éclos ou non fécondés sont présents (à retirer). D'ici demain, la totalité des zoés seront présentes. La population est trés importante : un deusième bac de phyto est en cours : totalité 60 litres de phytoplancton (densité 500 000 de cellules par millitre). Photos demain soir de l'évolution.
(en mg)
NO2 : 0
NO3 : 5
PO4 : 1 (à faire attention = engrais)
Salinité : déjà décrite
T° : RT
Autres paramètres : à suivre dans le temps (sels instant reef)
28-03-07 : aucune perte visible, les zoés vont bien. Il reste un femelle gravide.
VII - Bibliographie
2.0.CO;2]http://jnabs.allenpress.com/jnabsonline/?request=get-abstract&doi=10.1899/0887-3593(2006)25[406:PDAGOA]2.0.CO;2
http://marsci.uvi.edu/pubs/idrisi_salman.pdf
http://www.shrimpcrabsandcrayfish.co.uk/Anatomy.htm
http://www.fisheries.nsw.gov.au/__data/assets/pdf_file/5281/Darling-FR22.pdf
http://www.itbiztonsag.hu/shrimps/members.htm
http://www.publish.csiro.au/?act=view_file&file_id=MF97003.pdf
http://rmbr.nus.edu.sg/rbz/biblio/51/51rbz277-282.pdf
http://www.petshrimp.com/discussions/viewtopic.php?t=2367&start=0
C'est déjà pas mal à lire....

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Re: Maintenance des Larves de Caridina

Message par macropodus le Ven 30 Mar 2007 - 10:33

Message du 28-03-07 (J+3)

Les larves se portent bien.

Etant donné que des éclosions se porsuivent, j'ai récupéré une bonne cinquantaine de larves que je vais placer dans un petit compartiment type refugium, de mon récifal.
Les paramètres sont excellents actuellement (au passage, la coralline commence à coloniser les vitres). Ce qui me permettra de voir si l'oligotrophie du milieu, la température, le Ca, Mg, I, PO4, NO3, NO2, pH, Kh etc... peuvent avoir une influence sur l'évolution des larves.

Autant profiter de cette grosse manne pour tester des trucs (à savoir : environ + de 500 larves).

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Re: Maintenance des Larves de Caridina

Message par tromeurced le Ven 30 Mar 2007 - 19:19

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Re: Maintenance des Larves de Caridina

Message par Karine & Laurent le Sam 31 Mar 2007 - 1:20

bon courage, moi j'ai échoué à j+7, soit 3 jours après le passage en eau salée. Je pense que c'est dû à mon eau verte (phytoplancton fait maison).
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Re: Maintenance des Larves de Caridina

Message par macropodus le Sam 31 Mar 2007 - 9:48

Merci, comme je le signale, j'en ai dèjà 3 repros à mon actif réussies jusqu'au bout.







Et une dizaine (avec autant de protocoles) avant échouées

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Re: Maintenance des Larves de Caridina

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